fbpx

Blogue

Les émotions et la nourriture

22 mai 2019

Un article de Danielle Danault, fondatrice et présidente de Cardio Plein Air

Apprendre à gérer son poids dans le but d’être plus en santé et mieux dans sa peau n’est pas qu’une question physiologique. Il est certain que si l’on s’alimente bien et que l’on fait de l’exercice, on mettra les chances de son côté. Mais l’être humain est bien plus que sa seule composante physiologique. Il est aussi pourvu d’émotions. Pour bien gérer son poids, on doit donc accorder une attention particulière à la dimension émotionnelle en rapport avec la nourriture.

Association nourriture-émotions

Dans certains cas, cette association peut prendre naissance aussi tôt qu’au berceau. Le poupon est très souvent réconforté par le biberon dont on aura trempé la tétine dans le sirop de maïs ou le miel. Le sucre ayant un effet apaisant qui calme l’anxiété, le bébé s’endormira plus rapidement. On récompensera l’enfant en lui promettant une sucrerie, ou encore on le menacera de la lui retirer s’il ne répond pas à nos attentes. On détournera l’attention de l’enfant qui pleure en lui mettant de la nourriture dans la bouche, afin qu’il ne ressente plus cette émotion douloureuse qu’est la peine. Autant de moyens pour apprendre très jeune que manger est préférable à ressentir. En tant qu’adultes, nous continuons à faire ce que nous avons appris très jeunes; c’est même devenu un geste inconscient que de manger pour ne pas ressentir.

Nous pouvons changer cela, d’abord en en prenant conscience, en nous guérissant nous-mêmes et en agissant différemment avec nos enfants. Plutôt que de récompenser les bonnes actions d’un enfant par une sucrerie ou une sortie au restaurant, pourquoi ne pas faire avec lui une activité qui lui tient à cœur? Les enfants se sentent importants aux yeux de leurs parents lorsque ces derniers leur consacrent du temps et de l’énergie. Au lieu de punir l’enfant en le privant de dessert, pourquoi ne pas le priver d’une émission de télévision ou d’un jouet préféré? Plutôt que de détourner son attention lorsqu’il pleure ou qu’il est en colère, il serait beaucoup plus constructif de le confronter à ses émotions et de lui apprendre comment bien les gérer et les exprimer. Certes, tout cela demande beaucoup plus de temps et d’énergie de la part des parents, mais ce sera rendre service à l’enfant pour le reste de sa vie.

Qu’en est-il pour nous qui sommes déjà adultes et qui n’avons pas eu la chance d’être éduqués par des parents qui étaient conscients de l’impact de cette association nourriture-émotions dans notre vie? Le premier pas à faire dans cette direction est d’abord d’identifier les moments où nous sommes plus portés à « manger nos émotions ». Chez les femmes, la période prémenstruelle ou la période d’ovulation sont deux moments où les émotions semblent prendre le dessus sur tout le reste. Les périodes de peine et de grand chagrin peuvent nous inciter à manger, dans le but de refouler ces émotions douloureuses.

Nous vivons à l’ère de « l’hyperactivité ». Nos agendas sont chargés, nous courons après notre temps et sommes toujours occupés à faire quelque chose. Nous avons très peu de temps à nous pour simplement « être ». Il n’est pas surprenant que nous nous ennuyions ou que nous ressentions de l’anxiété lorsque nous n’avons rien à faire. Que faisons-nous alors? Eh oui, nous mangeons pour nous désennuyer et nous calmer.

Cinq solutions

Voici quelques ébauches de solutions qui peuvent vous aider dans votre démarche vers une vie libérée de la compulsion face à la nourriture.

1. Avant d’ouvrir la porte du réfrigérateur ou du garde-manger, prendre le temps de se demander si l’on a vraiment faim. En général, on mange 20 % du temps par faim et 80 % pour d’autres raisons.

2. Avant de céder à une fringale, prendre le temps de se demander d’abord ce que l’on vit intérieurement. Identifier l’émotion, pour ensuite y réagir de façon adéquate, en se demandant : de quoi ai-je réellement besoin?

3. Établir une liste de 10 moyens de se dorloter autrement que par la nourriture (un bain chaud, un massage, une bonne lecture, etc.) En ayant cette liste à l’avance, vous serez plus prête à réagir dans vos moments de vulnérabilité.

4. Si l’on a l’habitude de manger en regardant la télévision, parce que c’est une activité passive, avoir un verre d’eau à la portée de la main nous donnera un sentiment de satiété, ce qui évitera de manger.

5. Si l’on mange pour calmer son stress ou son anxiété, apprendre à méditer ou à faire des exercices de relaxation ou de respiration contrôlée pour se détendre.

Plus vous vous accorderez de temps et plus vous vous prendrez en considération en acceptant vos besoins physiologiques et émotionnels, moins vous aurez besoin de la nourriture pour combler vos carences affectives. Je vous recommande un excellent livre sur ce sujet : Lorsque manger remplace aimer de l’auteure américaine Geneen Roth.

Source

Photo par Iñigo De la Maza